Skulpturarisk

Cette performance est le résultat d'une rencontre dans le cadre de l'académie de Molenbeek. Claude Cattelain fréquentait cette vénérable institution depuis neuf, moi depuis deux ans. Nous avons participé tous deux à l'expo de Mirwart. Pour ma part, j'ai aimé son travail dès le premier abord. Que fait-il ? Une des bases de son oeuvre est l'équilibre. Il construit des structures, des assemblages, faits d'objets divers : tours de pierres posées les unes sur les autres (les grosses sur les petites si possible), un une "boule" de dizaines tabourets enchevêtrés mais ne reposants que sur un seul d'entre eux, des structures instables faites de poutres de bois, de barres de fer...

A partir de là, il réalise des performances et/ou des films. Ce qui m'a touché dans son dernier film, c'est son côté "Sisyphien". On pouvait le voir construire ses structures de bois et de métal, s'écrouler avec fracas et lui de continuer sans s'arrêter son mouvement de construction.

En fin d'année 2004, nous préparions nos travaux de fin d'année et pour les besoins de la performance je devais enregistrer une lecture de textes de mon cher Nietzsche. Claude, lui préparait une performance de matériaux en équilibre. J'eu alors l'idée d'inclure les bruits de fracas des chutes de ses montage. Enthousiasmés par l'énergie dégagée par ce chocs des lectures et de ses chutes, nous avons décidé de présenter une performance commune.

Le dispositif était donc le suivant : dans un grand atelier d'académie, des poutres, tuyaux, des planches et divers bouts de bois. Claude tentant de faire tenir le tout. Moi, j'avais une chaise et les deux volumes de La volonté de puissance. Je lisais, interprétais, chuchotais, vociférais, chantais presque les mots de Nietzsche, j'improvisais également tout en baladant mon corps à l'équilibre aussi instable que l'ensemble à l'intérieur des constructions en métamorphoses perpétuelles. Le risque de prendre quelque chose sur la figure était bien réel. Ce qui donne son nom à la performance et des frissons de frayeur aux spectateurs

Cette expérience fut la première, mais il est fort probable que nous la représenterons dans les mois à venir.