TEXTE DIT EN JANVIER 2002 A L'ATHENEE ROYALE DE MARCHE-EN-FAMENNE
Mon propos de ce soir ne consistera pas en l’exégèse de mon travail pictural. Je pense que la peinture doit exister indépendamment de toutes interprétations ou commentaires. Non, ce que je veux exposer ici, c’est ce qui représente, à mes yeux, les enjeux de l’activité artistique en général et la mienne en particulier. Cela me conduira à aborder certaines grandes voies de notre philosophie comme la métaphysique, l’étique et l’esthétique bien sûr.
En guise de préambule et de présentation, je vous dirais que je n’ai aucune prétention à l’objectivité. Je ne suis pas professeur de philo, je suis peintre et il se trouve que ma formation académique est philosophique. C’est ce qui me permet de m’exprimer avec tout l’arsenal de concepts, de vocabulaire et de tournures intellectuelle propre à la tradition de la pensée occidentale. Cependant, j’attire votre attention sur le fait qu’il s’agit d’un discours a posteriori, un discours construit autour du réel que je vis.
Cela signifie que je ne me suis pas levé un beau matin en me disant : « Voilà, d’après toutes mes lectures et les cours suivis, c’est à la peinture que je dois me consacrer ! » Non, lorsque j’ai entamé mes études de philo, il m’est très vite apparu que la chose qui me manquait à côté des abstractions intellectuelles était la sensualité. Les raisonnements, la vérité, l’essence, l’être, le néant le bien, le mal, … tous cela était passionnant, mais confiné au champ du langage. Et je pense que les professionnels de la pensée ont très souvent la volonté de confondre la vérité qui est de l’ordre de l’intellectualité avec le réel qui de l’ordre de la perception donc de la sensualité.
Donc parallèlement à ma formation intellectuelle, j’ai commencé à remuer la matière. Au début, la peinture était une activité annexe à mes études, mais au fur et à mesure de mon cursus elle prit un importance grandissante jusqu’à concentrer la majeur partie de mon énergie. L’année durant laquelle j’ai rédigé mon mémoire fut pour moi un dilemme quotidien : d’un côté, je tentais de défendre l’idée, avec Nietzsche, que l’activité artistique était supérieure à toutes autres et de l’autre, je voulais m’engager totalement dans cette même activité artistique. Heureusement, après avoir obtenu péniblement mon diplôme, j’ai pu me consacré entièrement à la matière et à ses formes.
1. Pôle métaphysique
La philosophie à son tour est devenue pour moi une activité annexe. Une activité simplement communicationnelle. Ce soir, je vais donc vous exprimer, vous communiquer les enjeux de mon travaIl qui lui par contre ne se veut pas communicationnel ni l’expression d’aucun message, ni idéologie de quelque sorte.
Pour ce faire, je partirai de deux postulats très anciens dans la tradition. Premièrement, le monde est multiple, deuxièmement le monde est en perpétuel mouvement, en perpétuelle mutation. Je ne m’attarderai gère sur la justification de ces deux postulats car bien des philosophes dans l’histoire s’y sont essayer avec beaucoup de talents. De plus, d’autres philosophes tout aussi brillant ont réussi à démontrer le contraire. Ce qui prouve bien qu’il s’agit d’une question de croyances. Cependant, ces croyances comme toutes croyances ne sont pas à prendre à la légère. Elles sont pour moi d’une importance capitale dans la mesure où elles dirigent ma démarche et règlent mon existence.
Multiplicité du monde.
Voir le monde comme multiple, c’est considérer chacun de ses éléments comme une entité individuelle réductible ni aux parties qui la composent, ni à une catégorie dont elle pourrait faire partie. Ceci ne signifie pas que je perçoive le monde comme un atomiste. Tantôt mon attention se focalisera sur des entités simples, tantôt complexes selon les circonstances.
Par exemple, si je me trouve face à un public nombreux, ma perception me conduira sans doute à le considérer comme une masse monolithique. De là s’en suivraient probablement des sentiments divers comme la peur. Voir cette foule comme un rouleau compresseur capable de me broyer en un instant. Je pourrais aussi penser ce public au sein d’un ensemble plus vaste, comme une ville, ou une nation ou encore une classe sociale.
Mais si par hasard, je perçois au sein de cette foule ma fiancée, il est fort probable que le monolithe va se scinder et je serai amené à le reconsidérer comme une multitude d’individus. Ensuite, mon attention étant retenue par l’être que j’aime, je la détaillerai je verrai son visage, puis son cou au creux duquel se trouve un grain de beauté que j’aime faire rouler sous mes doigts.
Donc, face à un même objet, ici une foule, je peux selon le cas considérer un vaste ensemble, ici la nation, ou m’attacher à un infime de ses détails, un grain de beauté. Mais jamais je ne réduirai cette foule ni à une nation ni à un grain de beauté. De plus, il y à tous lieux de croire ces considérations micro- et macroscopique se succèderont en moi en fonction de mon interaction avec cette foule
Le monde en mouvement
« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » telle était déjà la métaphore que le vieil Héraclite il y a 2500 ans utilisait pour décrire sa vision du monde. A mon tour et après tant d’autre, je fais mienne cette perspective cosmologique.
Je crois en effet en une philosophie du mouvement, en une perspective d’un monde en continuel changement. J’associe le mouvement et la mutation. Une mutation peut en effet, me semble-t-il être considéré comme en mouvement interne à l’objet observé. Et réciproquement, un mouvement comme une réorganisation de cet objet dans à un autre endroit d’un espace plus grand et lui aussi transformé par son déplacement.
Les végétaux, les animaux, les système planétaires les systèmes politiques et moraux, les civilisations tous naissent, croissent et meurent. Les éléments sont pris avec ou sans leur consentement dans des tourbillons qui les dépassent pour les conduire à des transformations heureuses ou malheureuses et quasiment toujours imprévisibles.
Et à l’instar du caractère multiple du monde, la qualité transformatrice et mouvante du monde peut se vivre tant au point de vue micro- que macroscopique. Marchez sur une fourmilière et c’est tout un peuple qui se réorganisera. Un soleil meurt et c’est tout l’univers qui en sera affecté à des degrés divers.
Aucun changement, aucun mouvement n’est neutre a priori. Tout dépend encore une fois de l’attention que l’on veut bien y accorder et de la perspective que l’adopte à son égard.
Conséquences d’un monde multiple, changeant et en perpétuelle mutation.
Rassemblons à présent les deux conceptions de multiplicité et de mouvement-mutation et essayons de dégager quelques conséquences fondamentales
Première conséquence : l’instabilité du monde et l’impossibilité de le décrire.
A chaque instant le monde, l’entièreté du monde est différent. Ses éléments se croisent, s’entrechoquent, se combinent, fusionnent, fissionnent … Accepter cette vision du monde, c’est accepter le caractère absolument instable du monde. Il paraît dés lors extrêmement difficile voire impossible toute description de quel qu’objet que se soit. Prenons un observateur, scientifique ou artiste on peut décrire sa démarche en trois temps.
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observation transcription communication
Premier temps : l’observation. Une première question est celle de la situation de l’observateur par rapport à son objet d’étude. Sous quel angle décrire l’objet quel critère va commander la bonne perspective. Si vous voulez décrire un cube donné, vous ne pourrez en observer que trois faces au maximum simultanément. Quelles faces allez-vous privilégiées et pourquoi. De plus, lorsque vous les observées, vous négligez forcément les trois autres qui peuvent soit se modifié soit caché un rapport complexe avec toute ou partie des faces visibles. On pourrait tenter de faire tourner ce cube dans tout les sens afin d’en observer toutes les faces quasiment simultanément. On pourrait aussi, édifier un système de miroirs ou de caméras braquer sur chaque face. Mais toutes ces solutions n’en sont pas, car l’observateur peut disposer d’autant de points de vue différents, ils seront toujours partiels et le temps que son oeil passe d’un écran à l’autre, d’un miroir à l’autre, l’objet peut s’être modifié. En outre, la multiplicité des points de vue ne garantit pas la vision totale et surtout pas objective de l’objet. Il s’agira toujours de points de vue partielles, parcellaire.
Une deuxième question est celle de la limite même du contour de l’objet. Si je reprends l’exemple du cube. Le cube est-il observable en tant que volume ou en tant qu’assemblage de surfaces que le regard parcourt. Et puis toujours concernant les limites de l’objet, on peut se demander également se qui caractérise véritablement le volume. Le cube observé sera toujours inclus, imbriqué dans un univers. Et il est impossible, sauf au prix d’une opération d’abstraction purement intellectuelle de l’extraire du monde afin de l’isoler. Le monde pourrait exister sans le cube, mais pas l’inverse. Alors l’observateur va observer le cube, puis son support, puis le fond duquel il se détache … etc.
Deuxième temps de la description : la retranscription. Nous venons de voir comment varie une observation selon l’espace et le temps. Si l’observateur veut rendre compte de son observation, il doit la matérialiser d’une manière ou d’une autre. Il va donc créer un deuxième objet qui aura comme finalité d’être au plus proche de l’objet original. Certains vont utiliser la langue, d’autre le dessin, d’autre encore une image… Mais quelque soit le mode de retranscription, il s’agira toujours d’une copie très partiel et très déformée de l’observation qui est elle même une vision partiel de l’objet. Et puis, nous n’échapperont pas ici non-plus au problème du temps et de son corollaire : la mutation. En effet, la différence d’état de l’objet et du monde en général va en s’accroissant d’étape en étape. L’objet observé ne sera plus le même à l’observation et à la retranscription.
Enfin, le troisième temps de la description : la communication ou la transmission. Nous l’avons vu, lors des deux première étapes, plus le temps s’écoule, moins la fidélité à l’objet est grande. L’étape de transmission va encore amplifier la trahison du descripteur par rapport à son objet d’étude. Ce qui va être transmis à ce moment du processus c’est le nouvel objet obtenu lors de la deuxième étape à savoir : la transcription. Cet objet peut-être un rapport écrit, un dessin, une sculpture, … Cet objet va être présenté à un certain publique dans un cadre topologique, temporel et social précis. Le public devient lui même observateur de ce nouvel objet. Et nous entrons à nouveau dans tout le réseau de problème lié à l’observateur face à un objet sur lequel je ne reviens pas.
Cette impossibilité de rendre compte du monde tel qu’il est, n'est pas due, me semble-t-il aux méthodes de descriptions. Je pense qu’il faut plutôt chercher du côté du monde lui-même. Nous ne pouvons pas dire le monde tel qu’il est parce que le monde n’est pas. Il devient. Et c’est la seule chose que nous pouvons en dire.
Voilà une première constatation assez effrayante et propre à donner le vertige. Et ce n’est pas fini. Car, si les objets, si le monde en général ont une instabilité intrinsèque, on peut s’interroger sur premièrement sur le statut de l’humain et deuxièmement sur l’existence du sujet pensant.
Deuxième conséquence : la disparition du sujet.
a)disparition de l’homme. La catégorie être humain n’échappe pas comme tout autre objet et classe d’objets à des transformations au cours du temps. A la question qu’est-ce qu’un Homme ? La réponse différera selon les époques. Un noble romain, un révolutionnaire français ou un humaniste du XX°s auront des conceptions fort différentes de l’humanité et de ce qu’elle recouvre. Encore aujourd’hui, il est difficile de se mettre d’accord par exemple sur le statut de l’embryon. A o’autre extrémité de la vie, considère-t-on un cadavre, un cadavre en décomposition, un squelette, ou une plastination du Dr Von Hagens encore comme un être humain ? Et dans le future lorsque des machines simuleront des formes de pensées complexes et prendront un aspect humain, on trouvera vraisemblablement des ligues de défense réclament des droits égaux pour des être ayant acquis selon eux le statut d’humain puisque agissant comme ceux-ci.
L’homme, à l’instar de tout autre objet, n’ayant pas de définition absolue et invariable selon les époques et les cultures devient donc un objet comme les autres. Comme le monde, on ne peut à peu près rien en dire
b) la disparition du sujet. Jusqu’ici, j’ai parlé d’un observateur face à un objet qui évoluait dans un monde. J’ai envisagé le monde et ce qui le compose comme mouvant et changeant. Comment désormais penser l’incorruptibilité le sujet-observateur. A moins de le placer hors du monde, je ne vois pas. En effet, si le sujet pouvait s’extraire du monde et donc du mouvement et du changement alors, on pourrait peut-être parler d’une identité du sujet. Mais nous savons que le sujet fait partie intégrante du monde et à se titre il ne peut prétendre à l’immutabilité. Il est lui aussi l’objet de recombinaisons incessantes d’avec les autres composantes de son univers.
Troisième conséquence : apparition de hiérarchies.
Disparition du statut de sujet, au profit de celui d’objet. Recouvrement des notions de monde et d’objet. Tout ne serait donc qu’indifférencié ? Je ne dis pas cela. Les éléments simples pris dans le mouvement du monde se combinent à d’autres et forment des agrégats. Ces agrégats peuvent se disloquer, attirer des éléments plus simples, ou s’agréger à d’autres structures pour en former de plus grosses ou de plus complexes. Toutes ces structures éphémères acquièrent des forces et des fonctionnements propres. Et à moins d’une destruction elles tendent par accumulation à l’accroissement et à la complexité. Ce jeu de combinaisons, de croissances et de dislocations fait apparaître un système d’entités dotées d’un degré de complexité, de force et de densité clairement différenciées.
Les rapports entres les différents objets devient alors hiérarchique relativement à leur degré de complexité. Il semble raisonnable de penser qu’un homme, entité complexe s’il en est, focalisera plus volontiers son attention et sera plus enclin à engager son énergie dans une relation avec un autre homme plutôt que dans celle qu’il pourrait avoir avec un poisson. Et il s’intéressera sans toute plus à un poisson qu’à un caillou.
Bien entendu, la hiérarchie que j’esquisse sur base d’une prétendue complexité doit être relativisée. A l’instant où je vous parle, je considère que l’homme est plus complexe que le poisson et donc que je m’attend à ce que mon rapport avec lui soit plus dense et plus riche que celui que je pourrait entretenir avec l’animal marin, mais, il se pourrait que les circonstances me conduisent un jour à côtoyer de plus près un poisson et d’en découvrir un complexité insoupçonné. A ce moment, la hiérarchie que je m’étais construite en sera bouleversée. Le même résultat peut arriver, si perdant une ou plusieurs de mes facultés, je ne parvenais plus à saisir un homme, en raison de sa trop grande complexité. Je ne serais plus en mesure d’en appréhender que des bribes, soit des parties simples. Par contre, il se pourrait que ma restructuration me permette de saisir le poisson dans toute sa dimension et de développer avec lui un rapport maximal de complexité.
Conclusion du pôle métaphysique.
La vision du monde que j’ai présenté jusqu’ici est avant tout dynamique. Elle peut paraître effrayante à certains égards. Aucune certitude possible, ni sur le monde, ni sur l’autre, et ni non-plus sur soi. Aujourd’hui grand, demain anéanti, et cela alors que notre marge de manœuvre est relativement étroite. C’est sans doute une des dimensions tragiques de l’existence.
Face aux tragique, les individus peuvent adopter des postures, des comportements différents, Je vais en passer quelques uns en revue dans la deuxième partie : le pôle étique.
2. Pôle étique
Trois attitudes possibles.
Le refus
On peut ne pas voir ou ne pas vouloir voir le monde comme pur devenir et si l’on admet un monde changeant, on peut en refuser les conséquences ultimes. Comment ? Essentiellement, par les sciences dures ou humaines et par les religions.
Les sciences prennent pour but d’expliquer les phénomènes. Pour cela elles sont obliger d’une manière ou d’une autre de bloquer le monde dans un état afin d’en donner une description. Nous avons vus précédemment la difficulté voir l’impossibilité de décrire quoique ce soit. Je n’y reviens pas, mais j’attire votre attention sur le fait que les sciences travaillent comme si les objets pouvaient se définir dans de longues durées, comme s’ils pouvait se rangés dans des catégories claires, … Depuis les taxinomies jusqu’aux classes sociales en passant par les tableaux cliniques en psychiatrie, les sciences nous donnent à voir un monde étalé, transparent et dans une certaine mesure figé.
Les religions quant à elles, et singulièrement le christianisme, ont pour but d’une part d’organiser la vie de leur communauté et d’autre part d’apporter des réponses rassurantes à ce problème du tragique. Organiser la communauté, c’est donner tout d’abord un statut égal à chacun. Tous égaux aux yeux de Dieu ! Cet égalitarisme sur lequel repose bon nombre de doctrines politiques qu’elles soient démocratiques ou non réduit les individus à un nombre limité de caractéristiques communes. Ce qui a pour conséquences d’amoindrir la complexité des êtres. L’organisation de la communauté, c’est faire régner l’harmonie, c’est ce qui explique l’accent mis sur ce qui est commun à tous. Mais l’harmonie c’est aussi une direction unique, ce qui annihile cette fois la dynamique individuelle.
Harmoniser une communauté, n’est pas propre aux religions. Par contre, la dimension d’haut delà de la vie l’est. Une des grandes questions, entendons-nous dire, est : « il y a-t-il quelque chose après la mort ? » S’il n’y a rien, le tragique refait son apparition ? En promettant le paradis après la vie terrestre, les prêtres induisent que la vie que nous menons n’est pas la meilleure. Il y a autre chose de mieux après. Croire cela c’est déprécier la vie, c’est rendre l’homme nostalgique d’un futur hypothétique. C’est donc l’amener une fois encore à ne pas prendre part au courrant vital du monde.
En matière de science ou de religion, le pouvoir s’assied sur un discours. Un corpus de lois tantôt descriptives, tantôt régulatrices et dans tous les cas normalisatrices donc réductrices.
La résignation
Une autre attitude, peut-être d’accepter l’aspect à la fois dynamique et tragique du monde, mais de l’accepter comme un fardeau, comme quelque chose de négatif auquel on ne peut rien. Et nous voilà tout seul, sans identité, noyé dans ce grand magma universel. On essaye de se maintenir plus ou moins en équilibre tout en sachant qu’à tout moment l’anéantissement nous guette. Cette acceptation pure conduit généralement à des attitudes de pur hédonisme, cyniques, nihilistes voire désespérée.
C’est une attitude très répandue me semble-t-il à notre époque. Le tout consommation, le plaisir immédiat, l’absence de perspective à long terme…
L’acceptation, la prise part et la revendication.
Accepter le monde tel qu’il est ne signifie pas nécessairement sombrer dans une résignation désespérée. Non, accepter le monde tel qu’il est c’est vivre le mouvement joyeusement çà la manière des danseurs. C’est vouloir devenir toujours autres, toujours plus, toujours plus grand, plus complexe. C’est profiter que rien n’est définis éternellement pour soi-même prendre part au recombinaisons des éléments. C’est prendre une posture d’ouverture aux grands courants de forces ascensionnels. C’est la recherche des grandes sensations édifiantes quitte à transgresser les lois morales. C’est agir sans arrières pensées, agir en pur innocence, agir avec force jamais contre le monde ni les êtres mais toujours pour. C’est préférer l’action par rapport à la réaction. C’est cela dire oui au monde.
C’est me semble-t-il la meilleure attitude. C’est celle du créateur par excellence. Mais il faut encore ajouter un point : la revendication. Si je suis un autre à chaque instant. Si je suis mu en permanence par des forces qui me dépasse. De quoi suis-je responsable ? En rien. Ni en bien ni en mal. Et pourtant, il faut revendiquer ses actes. « Je l’ai fait ! » En réalité je revendique un acte dont je ne suis pas responsable parce que j’ai accepté au départ d’entrer dans la grande gigue universelle.
Pôle esthétique
On le voit, les enjeux d’une démarche artistique, (ou devrais-je dire de ma démarche artistique) dépasse largement ceux d’une simple esthétique. Il s’agit d’une activité vitale. Vitale dans le sens ou elle touche intimement aux moteurs de la vie.
Si jusqu'à présent, mon exposé fut assez théorique ou abstrait, je vais pour cette dernière partie relier certains aspects de mon discours avec quelques pratiques concrètes de mon activité.
(*) suivit un commentaire improvisé sur les différents aspects de mon travail ressemblent aux textes précédant les pages web illustrant les sujets suivants :
LE MODELE
LES OS ET POUPEE
LES ENCRES
LES EXPOS
Conclusion.